CRELIER MUSIC PUBLISHING

Prélude et scènes 1-2 (06'46) / démo 

LE SERPENT BLANC

LE SERPENT BLANC 

Opéra 

Jeune Public 

 

Musique de Philippe Dragonetti 

Textes et livret de Valérie Letellier 

 

 

 

Création prévue dans la saison 2022-2023. Langue originale: français, durée 70 minutes 

2 solistes, 1 danseuse, chœur d’enfants, quatuor-à-cordes, jazz quartet et piano 

  

Protagonistes 

Le valet : Oscar Esmerode, ténor 

Le roi, le viel homme : Claude Darbellay, baryton-basse 

La princesse : (en cours de distribution) danseuse  

Entités : corbeaux, canards, poissons, fourmis : 

Chœur d’enfants : Maîtrise du Conservatoire Populaire de Musique de Genève, direction Magali Dami 

  

Musiciens : Quatuor Terpsycordes, pH4 jazz quartet et un pianiste. 

 

Direction musicale : Philippe Dragonetti 

Mise en scène, scénographie et costumes : Valérie Letellier 

Production : Louis Crelier pour Lyrique en Scène en coproduction avec Opéra en Scène. 

 

Musique et livret 

 

La partition musicale est l’œuvre du compositeur genevois Philippe Dragonetti, musicien éclectique, se produisant régulièrement comme guitariste de jazz, familier du chant lyrique et de l’opéra. Collaborateur régulier de l’Orchestre de Chambre de Genève, il crée avec cet ensemble l’opéra De Fil en Aiguille ainsi que le conte musical La Vièle enchantée. 

  

Le livret est de Valérie Letellier, auteure genevoise spécialisée dans l’écriture de livrets d’opéra. La Citadelle de Verre est sa première collaboration en tant que co-parolière (sur un livret de Pierre Christin). Puis, elle poursuit son travail d’écriture avec la rédaction de Flûte, les enfants ont disparu et deux opéras dont elle fait également la scénographie et la mise en scène Les Faiseuses d’Anges et Shéhérazade, procès d’une infidèle. 

 

L'histoire 

 

(Librement inspiré d’un conte de Grimm). Il était une fois, une princesse qui ne parlait pas, ne mangeait pas et ne faisait que danser. Elle avait un père, le roi, qui lui ne faisait que parler, ne pensait qu'à déjeuner et à faire valser ses conseillers. Chaque jour en effet, il mangeait un dessert dont lui seul avait le secret et qu'il protégeait jalousement en le mettant sous clé. Ce roi était tout puissant et semblait tout savoir. Or il avait un valet qui depuis des années fidèlement le servait. Mais un jour lors d'un déjeuner ce dernier céda finalement à la curiosité et goûta un petit bout du plat défendu : un serpent blanc. Presque aussitôt il comprit le langage des animaux et put, grâce à ce prodige, retrouver la bague que la princesse avait perdue et qu'elle chérissait plus que tout. Pour le récompenser, le roi lui permit d'exaucer son vœu : partir en voyage avec un petit bout du mystérieux dessert pour tout bagage... 

 

Thématique 

 

On le sait depuis Adam et Ève, s’il n’est pas donné à tout le monde de croquer dans la pomme, il l’est encore moins de manger du serpent... L’arbre de la connaissance et toute la littérature qui en découle nous apprennent au moins une chose : le savoir, dont le serpent est le gardien, doit être partagé et utilisé à bon escient. Non pas l’apanage d’un seul mais de tous, il garantit ainsi le refus de la tentation totalitaire. Fait prisonnier, le serpent s’asphyxie et meurt et la pomme pourrit sur l’arbre qui n’est plus nourri. Notre héros (le valet), qui goûte à cette connaissance, se met en route pour un long parcours : quitter son environnement pour aller vers l’inconnu, se frotter à l’altérité, prendre le risque de se «perdre» pour mieux se retrouver... Serviteur affranchi qui part à la découverte du monde, il garde néanmoins une oreille attentive à ses maux. La pratique de l’empathie et la perspective de l’amour rythment son voyage au long-cours et nous rappellent qu’au sein des difficultés se cachent parfois les plus belles joies, tapies dans l’ombre à l’instar de la lumière qui surgit des ténèbres... Croquer dans la pomme d’or, c’est ainsi sceller cette nouvelle alliance entre le soi retrouvé et le monde, fuyant parfois l’aspect mortifère d’un entourage pour rejoindre des espaces de liberté où plus que le trauma, c’est le bienfait qui est souverain. Ne pas oublier le bienfait, le reconduire et le célébrer pour triompher du mal. Notre héroïne (la princesse) ne s’y trompe pas, elle qui refuse de se nourrir de ce qui lui est imposé, de porter un discours qu’elle n’a pas choisi et éprouve sa liberté en dansant… Figure même de la résistance, notre Antigone a choisi d’attendre le moment propice pour s’échapper du joug familial, croquer le fruit de l’arbre de vie et faire alliance avec l'autre et le Monde. Ainsi, celle qui revient aussi d’un long voyage, exil de l’intérieur où son état mutique l’avait propulsée, re-saisit ce «nous» salvateur et, grâce à la parole retrouvée revit… Dans cette métamorphose parallèle qui les plonge au cœur de leurs peurs, de leurs tourments (qu’ils les affrontent ou leur tournent le dos) notre couple ressort grandi pour une raison puissante : ils ont choisi de laisser les bienfaits faire leur œuvre salvatrice. Ce faisant, c’est Eros qui triomphe de Thanatos et, à l’image du conte, le Serpent Blanc qui une fois encore fait son œuvre... 

Scènes 3-4-5 (06'39) / démo